Est-il préférable pour celui qui a déjà accompli le pèlerinage obligatoire d’en effectuer d’autres à titre surérogatoire ou de faire de l’argent destiné à cet effet une aumône ?
Louange à Allah
En principe, il est préférable de faire un pèlerinage surérogatoire que
de faire de l’argent une aumône. Mais il arrive parfois que l’aumône ainsi faite
soit préférable au pèlerinage surérogatoire. Tel est le cas quand l’aumône s’inscrit
dans le cadre du djihad, de la prédication ou de l’assistance au profit
de nécessiteux, en particulier parmi ses propres parents.
Cheikh al-islam Ibn Taymiyya dit
dans Ikhtiyarat, p. 206 : « Faire le pèlerinage correctement
est meilleur que de donner l’aumône non obligatoire. Cependant, si l’on a des
parents nécessiteux, il est préférable de leur réserver l’aumône. Il en est
de même quand on est en présence de gens qui ont un besoin vital de nos dépenses.
Si le pèlerinage (projeté) et l’aumône (envisagée) sont surérogatoires, le premier
est (préférable) parce qu’il constitue un acte cultuel où l’effort physique
et l’effort financier se conjuguent. De même le Sacrifice (et le mouton égorgé
dans le cadre de la célébration d’un baptême) sont préférables à un aumône portant
sur leur valeur, pourvu que l’intéressé s’acquitte de ses devoirs, abandonne
les interdits, observe les cinq prières, adopte un langage de vérité, restitue
(fidèlement) les dépôts qui lui sont confiés et n’agresse personne.
Cheikh ibn Baz (Puisse Allah lui
accorder Sa miséricorde) a dit : « L’accomplissement du hadj et de
la oumra est préférable à l’utilisation des frais qui leur sont destinés
dans le cadre d’une aumône, si l’auteur des deux pratiques (hadj et oumra)
les effectue sincèrement et correctement. Il a été rapporté d’après le Prophète
(bénédiction et salut soient sur lui) un hadith authentique qui dit : « Une
oumra suivie d’une autre effacent les péchés commis entre les deux, et
le pèlerinage agréé n’a d’autre récompense que le paradis » (rapporté par
al-Boukhari, n°1773 et par Mouslim, n° 1349). Le Prophète (bénédiction et salut
soient sur lui) a dit encore : « La Oumra effectué en Ramadan
équivaut à un pèlerinage » (rapporté par al-Boukhari, n° 1782 et par Mouslim,
n° 1256).
Cheikh Ibn Baz dit encore : « Il est préférable pour celui qui
s’est déjà acquitté du pèlerinage obligatoire de faire des frais du deuxième
pèlerinage une contribution au profit des combattants dans le chemin d’Allah,
compte tenu de la parole du Prophète (bénédiction et salut soient sur lui) en
réponse à la question : – « Quelle est la meilleure action ? »
– « Avoir la foi en Allah et en Son Messager » – « Puis
quoi ? » – « Le Djihad dans le chemin d’Allah » –
« Puis quoi ? » – « Faire un pèlerinage agrée » (rapporté
par al-Boukhari, n° 26 et par Mouslim, n° 83).
Il (le Prophète) a placé le pèlerinage après le djihad. Il entend
par là le pèlerinage surérogatoire car le pèlerinage obligatoire est, pour celui
qui en a la capacité, un des piliers de l’Islam. Un hadith rapporté dans les
Deux Sahih d’après le Prophète (bénédiction et salut soient sur lui)
dit : « Quiconque équipe une combattant a combattu. Quiconque le remplace
bien auprès de sa famille a combattu ».
Nul doute que les combattants
dans le chemin d’Allah éprouvent un grand besoin de l’assistance matérielle.
Par conséquent, il est préférable de dépenser à leur profit que d’accomplir
des actes surérogatoires, compte tenu des deux hadith susmentionnés et d’autres.
Cheikh Ibn Baz dit encore :
« Il est préférable pour celui qui s’est déjà acquitté du pèlerinage et
de la oumra obligatoires de dépenser l’argent à utiliser dans un pèlerinage
ou une oumra surérogatoires dans le cadre d’une assistance au profit
des combattants dans le chemin d’Allah que de l’utiliser pour un pèlerinage
ou une oumra surérogatoires.
Cheikh ibn Baz a été interrogé pour savoir s’il est préférable de construire
une mosquée ou de faire le pèlerinage à la place de ses parents. Il a répondu
en ces termes : « S’il se fait sentir le besoin de construire une
mosquée, l’on doit utiliser à cet effet les frais destinés à un pèlerinage surérogatoire,
compte tenu de l’importance et de la durabilité (de la mosquée) qui permet aux
musulmans d’observer la prière ensemble.
Si l’on n’a réellement pas besoin d’utiliser lesdits frais sur ce chapitre
à cause de l’existence d’une autre partie qui se consacre à la construction
des mosquées, dans ce cas, faire le pèlerinage à titre surérogatoire, à la place
de ses parents ou le faire faire par un homme sûr est préférable, s’il plaît
à Allah. Mais on ne fait pas un seul pèlerinage pour les père et mère. Car il
faut un pour chacun ». Voir Madjmou’Fatawa Cheikh Ibn Baz (16/368-372).
Cheikh Ibn Outhaymine a dit : « Nous pensons qu’il est
préférable de dépenser l’argent pour le djihad au lieu de le faire pour
un pèlerinage surérogatoire puisque le djihad mené à titre surérogatoire
est supérieur au pèlerinage accompli au même titre ». Citation remaniée.
Fatawa Ibn Outhaymine, 2/677.
